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Le secteur « secrétariat de rédaction-maquette » du CFPJ a fait parvenir en mars 1995 à 200 entreprises de presse éditant des magazines (d'actualité, régionaux, spécialisés ou professionnels), de périodicité hebdomadaire, bimensuelle, mensuelle, bimestrielle ou trimestrielle, un questionnaire. Début avril, quarante et une réponses ont été retournées. Compte tenu du nombre de publications classées dans cette catégorie, de leur diversité, les réponses ne permettent que d'avancer des hypothèses.
Les premières réponses présentées dans l'infographie ci-dessus montrent que : pour plusieurs types de presse magazine, l'infographie est une stratégie à l'état de projet. Une solution reconnue comme pertinente, mais pas une réalité du fonctionnement professionnel quotidien ; les agences d'infographie n'ont pas encore percé dans tous les univers de la presse magazine ; hors la création d'un service interne, la solution le plus souvent retenue semble le recours (régulier, exceptionnel ?) à des pigistes. Avez-vous un service interne de réalisation d'infographie ? La fréquence de création d'un service interne semble varier en fonction de la forme de presse : elle serait rare dans les mensuels spécialisés, plus fréquente dans les hebdomadaires professionnels et/ou spécialisés, dans les mensuels professionnels, pour une moindre mesure dans les hebdomadaires d'actualité. Les membres de ces services seraient pour la plupart des maquettistes, bien plus rarement des graphistes, des journalistes s'étant spécialisés ou des techniciens reconvertis. Trois des services les plus importants de la presse magazine comprennent chacun au moins un maquettiste, auquel s'ajoute un graphiste ou un journaliste. Mais les rôles, fonctions et responsabilités de chacune de ces personnes sont-ils ou non répartis selon leur origine ? Les points communs de la plupart des magazines de toutes périodicités et de tous types seraient : le recours très fréquent à une ressource interne exclusive (constituée, soit explicitement, soit implicitement autour du service de réalisation collaborant avec des pigistes) ; le peu de recours à l'abonnement à agence. Mais qui décide de « passer par l'infographie » ? Qui réunit les éléments qui seront ainsi exploités ? Qui la réalise, en l'adaptant ou non aux éventuelles nouvelles informations ? Qui choisit ou commande, modifie et adapte si nécessaire les schémas des agences au style du journal, aux connaissances et aux attentes des lecteurs ? Parce que l'infographie est un mode d'écriture encore très récent, les rédactions semblent réagir, au mieux, sans qu'une véritable politique éditoriale n'ait été établie. Chaque nouvelle formule d'un journal est l'occasion de faire évoluer la situation. En effet, le changement de maquette permet de se reposer les questions sur la présence d'infographies au sein de la parution (aspect, charte graphique, fréquence). Cependant, le recours à l'infographie reste très artisanal dans la plupart des types de périodicité de la presse magazine.
Le petit nombre de réponses affirmatives à cette question est peu surprenant, puisqu'il faut tenir compte des faibles moyens mis en uvre pour créer et/ou publier des infographies. L'attitude des journalistes « rédigeant » par rapport à l'infographie est généralement décrite comme bonne : ils semblent curieux, intéressés, favorables, demandeurs, mais ignorants, inexpérimentés et plutôt méfiants dès que l'infographie risque de remplacer le texte. Comment est abordé un sujet traité par l'infographie ? Combien d'infographies publiez-vous par numéro ? La presse magazine, à travers sa diversité, se regroupe autour de trois pôles, selon l'importance qu'elle accorde à l'infographie. Premièrement, l'infographie, seule ou en complément d'un article, est devenue un moyen courant de transmettre une information. Le journaliste-infographiste intervient, en complémentarité avec le rédacteur ou le reporter et le service de réalisation, dès le début du processus. Le nombre d'infographies publiées est régulier et élevé. Ce pôle est minoritaire et comprend surtout des hebdomadaires ou mensuels importants et des groupes de presse au sein des quels le service infographie travaille pour plusieurs titres. Deuxièmement, l'infographie est affichée par la hiérarchie rédactionnelle comme un moyen de transmettre une information, mais cette stratégie éditoriale n'est pas devenue une réalité. Le journaliste-infographiste ne collabore que peu avec le rédacteur, et n'est consulté qu'en aval du processus. Le nombre d'infographies publiées est variable. Ce pôle semble regrouper bon nombre de magazines d'importance moyenne. Dans ces deux pôles, l'infographie est utilisée dans la plupart des rubriques et des sujets (surtout l'économie, les rubriques techniques et statistique, les dossiers). Troisièmement, elle n'est qu'un projet - au mieux ; un souhait - et est réalisée au coup par coup. Le nombre de graphiques publiés est très variable. Ce pôle regroupe des magazines disposant de peu de moyens.
Il serait intéressant de compléter ces réponses en décrivant le matériel et les logiciels employés pour la saisie et la mise en page, de façon à mieux connaître les capacités de l'ensemble de la chaîne de production rédactionnelle informatisée, en termes de fiabilité et de rapidité. Ainsi une enquête exhaustive permettrait de connaître plus précisément le parc de matériels installés (génération, capacité, renouvellement) et de logiciels utilisés (version, coefficient d'utilisation des performances, besoins en formation, à court et moyen terme). L'effort récent du monde PC pour adapter l'interface graphique de son système et développer des versions PC des logiciels de PAO ne semble pas avoir encore porté ses fruits.
Ces deux enquêtes en appelle une troisième sur l'impact de l'infographie auprès des divers lectorats. Elle reste à conduire, mais elle apporterait certainement des arguments aux professionnels de l'infographie et les aiderait à se faire mieux entendre. Il faudrait également creuser et quantifier certaines des hypothèses que nous avons émises : Si la presse magazine a beaucoup plus rarement recours aux agences d'infographie que la quotidienne, est-ce pour des raisons financières, d'offre des agences, d'organisation de ses rédactions ? Peut-on constater ou prévoir une évolution au fil du temps, dans l'offre et/ou dans la demande ? La presse magazine semble faire plutôt appel à des pigistes au sein d'un service interne explicitement ou implicitement constitué. Est-ce exact dans toutes ses formes et périodicités ? Pourquoi ? Est-ce un choix imposé à ces services internes ou souhaité par eux ? |
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