Comment évaluer les infographies publiées

L'Amip a mis au point une méthode pour établir
un classement. Trois aspects sont mis en avant : organisation visuelle, rédactionnelle et intégration dans la page.

1) Organisation visuelle de l'infographie

 Une multitude de combinaisons est possible. On peut représenter cet éventail à l'aide d'un tableau à double entrée

Niveau 1 : les éléments dessinés ont été obtenus à partir de logiciels graphiques et n'ont pas été travaillés (barres, piles, camemberts). L'apport artistique se limite à un simple « business graphique ».

Niveau 2 : le dessin reste simple. L'infographie se compose le plus souvent de courbes, barres, piles ou autres éléments obtenus à l'aide des fonctions graphiques d'un logiciel, et surtout d'un pictogramme dessiné. L'infographiste effectue principalement un travail « d'embellissement du sujet rédactionnel », qu'il rend ainsi plus immédiat.

Niveau 3 : l'infographie est incompréhensible sans les éléments visuels. Elle s'articule autour d'eux et son auteur a réalisé une véritable création.

Le niveau 1 nécessite principalement la maîtrise d'un logiciel graphique. Le niveau 2 exige des bases en dessin. Le niveau 3 demande un graphiste confirmé et un « rough » s'avérera indispensable.

2) Organisation rédactionnelle

Niveau 1 : le contenu journalistique est limité à la reprise de quelques chiffres ou éléments d'information du papier (par exemple, une carte météo ou une courbe établie à partir de chiffres donnés dans un article). Il n'y a pas eu de véritable réflexion sur le contenu journalistique de l'infographie.

Niveau 2 : l'information contenue dans l'infographie a été travaillée et réfléchie. Un angle a été trouvé ainsi qu'une hiérarchie des informations données au lecteur. L'infographie complète le papier et constitue une première entrée dans l'article qui l'accompagne.

Niveau 3 : une véritable enquête journalistique a été menée. La plupart du temps, le sujet traité est autonome. Titres, sous-titres, légendes permettent d'organiser l'information comme dans un article classique. Plusieurs niveaux de lecture et d'informations sont même possibles dans ce type d'infographie.

Le niveau 1 réclame une simple lecture de l'article à illustrer. Le niveau 2 demande un minimum de connaissances de la matière traitée pour pouvoir trouver un angle. Le niveau 3 implique une longue enquête journalistique et la présence d'un rédacteur confirmé.

Voici quelques exemples de classifications illustrées par des infographies :

Infographie de niveau 1 dans l'organisation visuelle et rédactionnelle.

 

Niveau 2 dans l'organisation visuelle et niveau 1 rédactionnelle

 

 Niveau 3 dans l'organisation visuelle et rédactionnelle


Cliquez sur l'infographie, si vous sohaitez un agrandissement

Pour analyser une parution, il suffit dès lors de cocher pour chaque infographie. La répartition des croix devrait fournir des indications précieuses.

 L'ensemble des infographies est homogène,mais l'équipe n'a pas encore atteint son maximum.

  La meilleure infographie ne sera rien si elle n'est pas parfaitement intégrée dans la page. On peut donc établir un troisième critère d'évaluation, fonction de la bonne ou mauvaise intégration de l'infographie au texte d'ensemble. On obtient alors un tableau à triple entrée.

Tout ceci reste bien sûr très théorique et dépend du lectorat et des objectifs en matière d'infographie. Une bonne infographie n'est pas une simple tache de couleur « pour décorer », mais un vrai sujet journalistique, voulu par l'ensemble de la rédaction.

Par cette réflexion, l'Amip n'a d'autre but que de nous amener à repenser l'infographie de presse et son utilisation. Elle soulève également le problème de la facturation par les agences. Au lieu de facturer à la surface, ne serait-il pas plus logique d'établir un barème en fonction de la complexité graphique et rédactionnelle du sujet traité ?

Cette classification de l'infographie reflète bien le travail de l'ensemble de la profession. Voyons comment elle se répercute sur le travail quotidien d'un « free-lance » et d'une agence.»