L'agence

Au mois de juillet 1997, nous avons rencontré Luiggi Di Girolamo, responsable de l'agence WAG (A Wonderfull World of Art and Graphic). Cette société, fondée en 1992, travaille essentiellement pour la presse (80 % de sa production).


Le profil du principal interlocuteur de l'agence varie selon la périodicité du titre. En effet, pour Luiggi Di Girolamo :

« Dans les quotidiens, il y a de plus en plus ce que l'on appelle des éditeurs d'infographie. Pour la presse magazine, nous travaillons plutôt avec les directeurs artistiques. »

Confirmant les hypothèses de l'enquête précédente, l'infographie semble donc bien perçue différemment :

« Dans les journaux, l'infographie est vraiment une information, que l'on traite visuellement, alors que, pour les magazines, c'est plus du ressort de la direction artistique. »

Il existe une grande latitude dans les demandes formulées par les clients :

« Il y en a qui ont une idée précise de ce qu'ils veulent, d'autres qui nous laissent plus libre. Cela dépend de la formation de la personne avec qui on est en contact, et de ses connaissances en matière d'infographie. »

En règle générale, les demandes ne recouvrent pas la recherche de l'information. Mais cela arrivent parfois : un journaliste fait partie de l'équipe. De plus, WAG travaille avec l'agence Reuter, qui est à même de fournir les renseignements manquants.

En ce qui concerne les rubriques consommatrices d'infographies, une évolution est à souligner. Notamment à propos des deux dernières élections (présidentielles et législatives) :

« C'est la première fois, par rapport aux autres élections, que les services politiques ont utilisés de manière aussi importante l'infographie. »

Plus que les classiques sondages de popularité, représentés traditionnellement par des hémicycles, ce fut l'occasion d'apporter des compléments d'information en parallèle à l'actualité :

« Cela nous a permis de trouver des angles différents de représentation des problèmes politiques. Par exemple, à l'annonce des législatives anticipées, nous avons fait une chronologie de toutes les dissolutions sous la Ve République, qui a bien été perçue et même reprise par d'autres confrères.»

Ainsi, l'infographie progresse et permet d'informer sur une multitude de sujets qui, jusqu'à présent, n'avaient pas été traités de la sorte. Mais quelle évolution envisage l'agence ? Nous l'avons interrogée sur l'ouverture de son site* et sur sa fonction. La présence de WAG sur le Web répond à deux volontés qui relatent bien la position actuelle de la profession :

« C'est pour deux choses : d'une part, avoir une vitrine pour présenter les produits, et, d'autre part, nous voulons développer notre activité de l'infographie dans ce secteur. »

Ce qui signifie également réaliser le « design » de serveurs dédiés ou non à l'information. Quant à la création de l'« infographie du multimédia », qui intégrerait l'intéractivité ou des éléments sonores, il n'y a pas pour l'instant de véritable travail effectué :

« Il n'existe pas de demande dans ce sens, mais il y a un intérêt donc nous sommes là. On est présent tout en étant aux aguets. »

Si l'opportunité se présente, WAG est donc prête à se lancer dans l'aventure. Elle proposera alors son savoir-faire graphique.

é