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Apport d'autres médias : la vidéo (l'animation), le son...
La vidéo, l'animation en deux ou trois dimensions, le son et la réalité virtuelle commencent à investir le réseau grâce aux modules d'extension (« plug-ins ») proposés par les navigateurs tels que Netscape. La plupart sont gratuits et certains réussissent à lire les données au fur et à mesure qu'elles arrivent sur l'unité centrale de l'internaute. Real Audio est un procédé de diffusion en temps quasi réel, basé sur l'utilisation de mémoires tampons, comme Streamworks ou VDOlive (France Info utilise ce principe pour son site). Certains serveurs intègrent le format Shockwave développé par Macromédia. On peut également réaliser des animations au format Java, de Sun (qui nécessite une bonne connaissance du C++). Les futurs infographistes confrontés à ces nouvelles technologies devront s'interroger sur le bien-fondé de ces apports sonores ou visuels. L'enthousiasme que suscitent ces nouveautés devra être tempéré afin d'élaborer un structure multimédia cohérente au service de l'information. Aux compétences nécessaires à la réalisation d'une infographie de presse viendront donc s'ajouter celles que réclament ces nouvelles technologies. Les sites intégreront des images et des sons de plus en plus sophistiqués. Il faudra alors se pencher sur les problèmes d'arborescence et de navigation dans les bases de données. Mais aussi penser l'ergonomie et les interfaces graphiques et sonores de ces serveurs. Cycle de l'eau
Nous avons interviewé, au mois de juillet 1997, Patrick Vallée (responsable de la société Arboréal) car l'évolution de son entreprise illustre parfaitement celle de l'infographie et de son essor sur Internet. Arboréal offre une panoplie complète de services d'infographie depuis l'élaboration graphique pour l'édition papier jusqu'à la conception de sites commerciaux ou informatifs : « En ce qui concerne l'apport d'autres médias, nous fonctionnons un peu comme un producteur de cinéma qui va chercher le meilleur ingénieur du son, le meilleur cameraman. Ainsi on fait appel à des prestataires spécialisés dans le son, dans la numérisation vidéo, ou dans la « 3D » qui travaillent sur des stations plus importantes que des Macintosh. Chaque fois que l'on fait une proposition multimédia à un client on essaye d'ajouter un petit plus. Sur Internet se sera du VRML, du Real VR, du Shockwave, ou du Java. Nous proposons des technologies un peu différentes à conditions qu'elles se justifient. » L'arrivée imminente d'un réseau uniforme à haut débit ne modifiera pas fondamentalement leur organisation du travail. « Ce qui va changer c'est la manière d'envisager l'information pour les journaux. L'arrivée de ce nouveau média doit les amener à réfléchir sur leur présentation de l'information : conception, angle rédactionnel, utilisation des images ou non, intégration de liens à des bases de données. Les rédactions ne doivent plus se contenter de transférer leur archives sur le réseau et le journal du jour, mais avoir une vraie réflexion par rapport à ce média. »
Afin de percevoir quelle sera l'infographie du futur, il nous faut donc nous tourner vers les recherches d'écriture interactive, sans se limiter aux distinctions « on line » ou « off line », et élargir la réflexion à l'ensemble des supports numériques. Des émotions chez le lecteur En octobre 1996, organisés par Art 3000, les Deuxièmes Etats généraux de l'écriture interactive, furent à ce titre fort instructifs. Cette édition a montré des travaux qui, en termes de représentation de l'information, proposent des solutions originales. Flying Words, présenté par Yin Yin Wong, propose des séquences animées de mots (typographie temporelle), où la dynamique de l'oralité est convertie en dynamique d'affichage des mots. En travaillant sur divers paramètres tels que la couleur, la police, mais aussi le rythme de l'affichage, le mouvement expressif des lettres (traversées chaotantes de mots, renversements, collisions), il est possible de provoquer des émotions chez le lecteur, comme il le ferait avec un dessin : « Avec ces nouvelles idées de représentation de l'information, les mots sortent de la page imprimée pour devenir des entités mouvantes. Ils s'inscrivent dans la profondeur de l'écran et forme un paysage à eux seuls.(...) Un modèle d'interface a été également développé sur Internet, afin que l'utilisateur puisse lui-même créer des séquences d'animation, et, par là même, rendre expressif son courrier e-mail. » Cette méthode d'affichage des données peut trouver son application dans l'infographie en ligne au même titre que toute animation qui renforce ou clarifie l'information. Seules des animations légères en deux dimensions réalisées à l'aide d'applications telles que GifBuilder sont essentiellement visibles pour l'instant. Mais rien ne nous interdit de penser que de nouvelles architectures d'infographies vont s'implanter. Imaginons le globe terrestre que l'on pourrait faire pivoter à volonté et qui offrirait des données propres à chaque pays selon l'endroit où l'on poserait le curseur. Ce principe permettrait, par exemple, d'illustrer dans l'espace des informations ayant trait à la géopolitique. Et l'ensemble serait mis à jour en fonction de l'actualité. |